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Territoires zéro chômeur de longue durée

  • Néorizons
  • 8 janv.
  • 3 min de lecture

« TZCLD » est un projet initié par l’association ATD Quart Monde pour éradiquer le chômage de longue durée. D’envergure nationale, il s’inscrit, à la suite de la loi d’expérimentation adoptée le 29 février 2016, dans une phase expérimentale de quelques années couvrant 10 territoires volontaires. Le projet s’appuie sur une dynamique de petits territoires qui optent pour un marché de l’emploi n’excluant personne et adapté au tissu économique local. Ainsi, pour un territoire d’échelon local (commune, communauté de communes, quartier), il s’agit de proposer à toute personne privée durablement d’emploi, un emploi en contrat à durée indéterminée au SMIC, à temps choisi, et adapté à ses compétences, produit par des « entreprises à but d’emploi » (EBE).

Pour répondre à cette ambition, ATD Quart Monde présente un modèle économique simple : substituer les allocations chômage à destination des chômeurs de longue durée (depuis plus d’un an), par des activités « pérennes et non concurrentes aux activités déjà présentes sur le territoire » en réorientant le budget de l’Etat alloué aux allocations chômages vers la création d’emplois.

La construction de ce modèle économique répond à un parti-pris fort, reposant sur les postulats suivants :

  • Toute personne a une compétence valorisable sur le marché du travail et chacune est un atout pour la société,

  • Toute personne au chômage l’est de manière involontaire et désireuse de trouver un emploi,

  • Le fonctionnement du marché du travail a des effets excluant pour les demandeurs d’emploi les plus fragiles,

  • Il existe des besoins non satisfaits et de travaux utiles à la société non réalisés, simplement parce qu’ils ne sont que partiellement solvables, et donc insuffisamment lucratifs pour le marché classique.

Ainsi, le chômage de longue durée est défini comme un chômage structurel expliqué par une faille du marché du travail, ne permettant pas d’absorber toutes les demandes de travail. Proposer des emplois à la place d’allocations chômage aux chômeurs de longue durée présente un avantage coût/ bénéfice ayant une répercussion doublement positive : premièrement sur le territoire et deuxièmement sur le bien-être des bénéficiaires du programme.

Focus sur le rôle des EBE

La « production d’emplois » d’utilité sociale qui fluctue en fonction des besoins d’emploi de la population locale et de la conjoncture, grâce au cofinancement de la collectivité de ce fait ils doivent être non-concurrents avec les emplois financés par le marché.

L’accompagnement à l’échelle locale des chômeurs de longue durée dans la construction d’un projet professionnel répondant à ses besoins et en lien avec ses compétences.

L’EBE est une entreprise de forme juridique classique, qui a pour particularité d'être en partie financée par la réallocation des financements publics dédiés aux chômeurs de longue durée. Ce type d'entreprise appartient à l'économie sociale et solidaire telle que définie par la loi du 31 juillet 2014. Elle peut avoir différentes formes juridiques (SA, SCOP, SCIC, association…) mais elle n'est pas à but lucratif.



Dans la mesure où la recherche de gisements d’emplois nouveaux est une condition de toute politique réaliste de lutte contre le chômage, l’expérimentation projetée mérite attention. En explorant la voie du développement d’activités nouvelles à l’échelle locale, l’expérimentation s’inscrit dans une perspective volontariste de nature à fédérer l’ensemble des acteurs face au chômage de longue durée. Le succès de cette expérimentation nécessite qu’une condition particulière soit respectée : organiser l’emploi de toutes les personnes qui en sont durablement privées par la création d’activités nouvelles exige aussi de s’interroger sur le soutien nécessaire à la réactivation des compétences requises pour la réussite du projet.

La réussite du projet implique des efforts de l‘ensemble des acteurs (publics et privés) dans la définition des parcours personnels de retour à l’emploi et d’autres modalités d’aide à l’emploi. L’expérimentation vise à mobiliser l’ensemble des acteurs territoriaux, à commencer par les personnes privées d’emploi elles-mêmes, au plus près des réalités locales. Les enjeux de l’expérimentation sont forts, si elle s’avère concluante, le projet aura vocation à être généralisé à l’échelle nationale.


Pour aller plus loin :

 

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