top of page

Laëtitia ou la fin des hommes, par I. Jablonka

  • Néorizons
  • 8 janv.
  • 2 min de lecture

Laëtitia, jeune fille placée depuis dix ans à l’aide sociale à l’enfance avec sa sœur jumelle Jessica, a été enlevée, violée et sauvagement assassinée lors d’une froide nuit de janvier 2011, dans la campagne Nantaise.


Ivan Jablonka s’est brillamment saisi de ce fait divers pour mettre en perspective, dans une prose savoureuse, ce qu’il révèle de notre société : la césure entre la vie urbaine et la vie rurale, le travail des services publics (services sociaux, police, justice), le tapage médiatique, la récupération politique.


Le livre d’Ivan Jablonka est un objet hybride. D’abord, il emprunte aux sciences sociales la méthode d’enquête, par laquelle il s’approprie les faits, la vie des protagonistes, leur psychologie. Au passage, il s’appuie sur quelques faits historiques pour mieux souligner le cheminement de notre société, sur des questions fondamentales : l’action sociale, la place de la femme, de la médecine légale, les pratiques des médias. Ensuite, empruntant à la littérature, et dans les pas de Patrick Modiano, il dévoile avec précision « le mystère qu’il y a au fond de chaque personnage ».


Laëtitia, jeune fille de l’assistance publique, est sur le point d’accéder à une vie autonome lorsqu’elle va faire la rencontre fatale de son meurtrier. Sa sœur Jessica, qui tente de combler le vide laissé par sa jumelle, avec l’aide de Cécile de Oliveira, son avocate. Il y a également Frantz Touchais, le gendarme, Martinot, le juge d’instruction qui reconstituent remarquablement la scène de crime. Xavier Ronsin, le Procureur par qui l’institution judiciaire s’expose aux feux médiatiques. Monsieur Patron, père d’accueil des jumelles, droit, sûr de ses valeurs, que l’enquête va révéler sous un jour sombre. Et Meilhon, l’auteur du crime, bestial, provocateur, délinquant endurci, qui puise son énergie provocatrice dans la consommation de drogue et d’alcool. Et qui pourtant, semble réussir à séduire la jeune Laëtitia.


Laëtitia ou la fin des hommes est un livre qui montre la fragilité des règles sur lesquelles se fonde notre société tout entière, car elles se confrontent à la pulsion des hommes, au poids de l’histoire familiale, aux failles de nos institutions.




A lire: Jablonka Ivan, Laëtita ou la fin des hommes, Paris : Editions du Seuil, 2016, 400 pages.

Posts récents

Voir tout
La crise de l’accueil des demandeurs d’asile

Les incidences de la politique d’immigration restrictive sur le droit d’asile La « politique migratoire », c’est l’ensemble des mesures qui sont destinées à influencer les mouvements migratoires sur u

 
 
bottom of page